Des babouins, un hypnotiseur et deux âmes
Eugène N. Marais (1871 – 1936)
Eugène Marais est une figure assez extraordinaire de l’histoire des sciences : avocat de formation, poète majeur de la langue afrikaans, naturaliste autodidacte, et l’un des tout premiers au monde à avoir observé des primates sauvages sur le long terme — bien avant Jane Goodall (1934 – 2025). Dans les années 1900-1920, seul dans le bushveld sud-africain, il a vécu plus de trois ans au milieu d’une troupe de babouins en liberté.
Babouins, hypnose et folie
Je veux vous parler un peu de notre travail, si vous avez la patience et l’intérêt de m’écouter. Je ne l’ai jamais fait auparavant, pour la simple raison que nous n’avons jamais entendu parler, en Afrique du Sud, de quelqu’un qui s’intéressait à la psychologie comparée.
Nous avons commencé par étudier le comportement de nos babouins. Je m’y étais préparé par trois années d’études sur les maladies nerveuses et la psychopathologie humaine. Au Waterberg, nous avons vécu plus de trois ans au sein d’une troupe vivant en liberté. Nous avons immédiatement compris que nous disposions d’une opportunité qu’aucun observateur du comportement des primates n’avait jamais eue, pour une raison majeure : nos babouins avaient un domicile, c’est-à-dire qu’ils dormaient toujours au même endroit. Nous les avons suffisamment apprivoisés pour qu’un contact des plus étroits soit possible et sans danger. Nous avons nommé et numéroté chaque adulte de la troupe, et nous connaissions chacun d’eux individuellement.
C’est là que nous sommes entrés pour la première fois en contact avec une psyché collective : celle de la troupe. Avec le temps, nous avons compris que cette troupe était dominée par une psyché qui ne résidait dans aucun individu en particulier. Elle induisait un comportement que, dans le cas de la société humaine, nous appelons « moral » ou « altruiste ». Nous pouvions mettre un terme à cette conduite en séparant un individu de la troupe. Nous avons vu, et démontré expérimentalement, que l’« altruisme de la loi morale » n’est en réalité que l’égoïsme intense de la psyché collective, laquelle, pour sa propre défense, n’hésite jamais à sacrifier toute une succession d’individus (c’est l’étude de cette psyché collective qui nous a orientés vers les termites : la manifestation y est bien plus facile à saisir, puisqu’elle n’est pas entravée par l’activité de la psyché individuelle et qu’elle réside dans un seul individu). Il était intéressant de noter que, si chez les babouins la psyché collective ne se concentrait pas exclusivement dans un seul individu, la présence d’un chef unique n’en était pas moins indispensable à son fonctionnement. Dans la majorité des troupes en liberté que nous avons étudiées, il y avait un seul meneur, dont la destruction désorganisait les fonctions de la psyché collective. Mais la direction unique n’était pas une règle invariable. Notre propre troupe était dominée par un conseil de dix vieux mâles et d’une femelle homosexuelle stérile (présentant des caractères masculins secondaires).
En recherchant chez de jeunes babouins des mémoires héréditaires (ou « instincts »), nous avons découvert un état de choses remarquable. Nous avons constaté qu’un grand pourcentage en étaient totalement dépourvus. Quelques-uns, en revanche, possédaient des souvenirs héréditaires liés à l’environnement, mais rien de comparable à ce que l’on trouve chez les mammifères inférieurs. Cela semble incroyable, et c’est pourtant vrai : un certain nombre de nos jeunes babouins, élevés en captivité, n’avaient aucune orientation « instinctive » du sens sexuel – la plus tenace et la plus universelle des mémoires héréditaires. Ils étaient complètement perdus, et même lorsque toutes les conditions étaient réunies, ils ne savaient pas, sans aide ni instruction, comment accomplir naturellement l’acte sexuel. Ils découvraient invariablement des moyens contre nature, par accident. La masturbation était une pratique courante chez les jeunes mâles privés de femelles, même dans des conditions naturelles. Il est intéressant de noter que ses effets, lorsqu’elle se prolongeait, étaient sans conteste mauvais sur le plan hygiénique. Les individus devenaient émaciés, « nerveux », querelleurs et enclins à la solitude.
Avec le temps, il est devenu parfaitement clair que, psychologiquement, le babouin est dans un état de transition. Il perd le psychisme fondé sur la mémoire héréditaire et acquiert un psychisme fondé sur la mémoire causale individuelle. Deux questions exigeaient une réponse :
1. pourquoi ? Quel avantage le nouveau psychisme présente-t-il pour être ainsi sélectionné ?
2. que devient l’ancien psychisme ?
Il est parfaitement clair que l’ancien psychisme est associé aux parties les plus anciennes du cerveau, tout aussi sûrement que le nouveau est lié au développement du cortex. Il faudrait trop de temps pour décrire par quelles étapes nous sommes parvenus à la solution de ces deux questions. Je me contenterai donc de donner les résultats auxquels nous avons abouti :
Pour la première question, voici la solution : sur tous les grands continents – comme l’Afrique et l’Asie centrale – où les conditions naturelles connaissent fréquemment des bouleversements profonds, il est extrêmement précieux pour une espèce de pouvoir changer d’environnement. Elle doit être capable de faire l’une de deux choses : émigrer vers un nouvel environnement, ou s’adapter psychologiquement à celui qui a changé. Or une espèce en est totalement incapable tant qu’elle est enchaînée par un psychisme fondé sur la mémoire héréditaire (nous avons vu le springbok1 exterminé dans les plaines du Waterberg parce qu’il ne parvenait pas à acquérir suffisamment de mémoires causales individuelles pour vivre dans le bushveld2 qui l’entourait. Une simple ligne géographique le séparait de la sécurité absolue, et il ne pouvait pas la franchir).
Il est tout à fait évident que deux choses doivent se produire pour permettre à une espèce soit de changer d’environnement naturel, soit de s’adapter à un environnement modifié. Il faut d’abord qu’elle puisse acquérir des mémoires causales individuelles. Mais cela ne suffit pas. Si les mémoires raciales de l’ancien environnement persistaient, il en résulterait un conflit psychologique continu et destructeur. Le psychisme fondé sur la mémoire raciale doit donc être effacé. Et c’est précisément ce qui arrive au babouin. C’est pourquoi il a pu pénétrer et vivre dans les environnements naturels les plus divers, depuis les montagnes fertiles du Cap jusqu’aux collines arides du Kalahari, et dans les grands massifs forestiers où il est purement arboricole. Dans chaque environnement, il a des habitudes hautement spécialisées. C’est aussi pourquoi l’homme a pu pénétrer les étendues du Sahara et les glaces polaires. On verra aussitôt que la raison humaine et la raison du babouin sont identiques en substance et en structure. La différence est une différence de degré. L’une et l’autre relèvent d’un psychisme fondé sur la mémoire individuelle, de la cause et de l’effet. Mais la sélection doit apporter une qualité supplémentaire. Les nouvelles mémoires ne doivent pas être transmissibles, car cela aurait inévitablement pour effet de libérer une espèce d’un environnement menaçant pour l’enchaîner aussitôt à un autre. C’est pourquoi toutes les mémoires environnementales acquises périssent avec l’individu. Tout ce qu’il transmet, c’est un psychisme capable d’en acquérir de nouvelles. Voilà ce qu’est la raison humaine – et rien d’autre.
Notre deuxième question était : que devient l’ancien psychisme fondé sur la mémoire héréditaire, avec tous ses sens intensément aigus, son « instinct » de retour au gîte, etc. ? Il semble peu probable qu’il soit entièrement détruit au cours du processus, puisqu’il ne se produit pas, dans l’ancien cerveau – auquel il est associé – de changements susceptibles d’entraîner sa destruction. Nous avons testé l’acuité sensorielle du babouin et constaté que la plupart de ses sens ne sont pas très inférieurs à ceux des mammifères inférieurs. Certains, cependant, montrent une dégénérescence marquée. L’odorat du babouin n’est guère meilleur que celui de l’homme. Je pense que cela tient aux changements dans le fonctionnement du sens sexuel : lorsque la gratification sexuelle se met à dépendre de la mémoire causale, l’odorat n’est plus nécessaire comme moyen d’excitation – sa fonction principale dans la nature en général. D’où la dégénérescence.
Nous avons été presque contraints de conclure que, ni chez le babouin ni chez l’homme, l’ancien psychisme n’a été complètement détruit. Il est bien plus probable qu’il a été rendu non fonctionnel, à l’image des organes rudimentaires. À mesure que le cortex submerge l’ancien cerveau, le nouveau psychisme qui lui est lié submerge l’ancien. Inévitablement, la conviction s’est renforcée en nous que ce que l’on appelle l’« âme subliminale » chez l’homme – le psychisme « subconscient » – n’est autre que cet ancien psychisme « animal » mis hors service par le nouveau.
Il existe un moyen d’induire une remise en fonction partielle de l’ancien psychisme animal chez l’homme : l’hypnotisme. Les premières recherches allemandes ont montré que l’état hypnotique chez l’homme ne signifie rien de plus que la mise hors service temporaire du cortex cérébral3. Nous avons donc entrepris nos expériences d’hypnotisme, qui se sont poursuivies presque quotidiennement pendant plusieurs années. Nos sujets étaient cinq jeunes filles boers, et nous étions installés à la ferme Rietfontein, aujourd’hui devenue un centre d’exploitation minière du platine. On m’a un jour poussé à exhiber leurs pouvoirs « merveilleux » devant un auditoire de médecins à Naboomspruit. Ce fut très décevant. Tous brûlaient de voir des « merveilles surnaturelles » et en furent extrêmement impressionnés ; mais il semblait tout à fait impossible de leur faire apprécier la véritable signification de ce qu’ils voyaient. Je tiens à souligner ici que nous n’avions pas entrepris de démontrer une théorie préconçue ; dans toutes nos recherches, nous n’avons jamais eu d’autre mobile que la curiosité.
Nous avons constaté, après quelques instructions hypnotiques, que les jeunes filles pouvaient accomplir toutes les merveilles habituelles. Elles avaient l’odorat du chien, l’ouïe de l’antilope, une vision à la fois télescopique et microscopique ; elles pouvaient distinguer au toucher une barre de cuivre d’une barre d’acier magnétisée identique, à travers trois couches de feutre épais. Elles pouvaient détecter du sulfate de quinine, au goût, dans une solution diluée à un huit-cent-millième ; elles pouvaient entendre le tic-tac d’une montre dans une pièce voisine ; elles possédaient un sens du temps égal à celui de la plupart des animaux ou des plantes (tout à fait égal à celui du ver marin du Pacifique qui remonte chaque année à la surface en calculant le temps sidéral, indépendamment de la saison) ; elles avaient un sens de l’orientation exactement égal à celui d’une perdrix namaqua – établi par expérience concrète.
Nous avons ensuite, par des expériences soigneusement conçues, exigeant une patience infinie et beaucoup de temps, comparé ces « sens » hypnotiques aux sens normaux des babouins et d’autres animaux, et nous avons trouvé une correspondance qui ne saurait être attribuée à une coïncidence. L’homme entend, voit, sent, goûte, etc., avec le cortex. C’est le central téléphonique ultime où toutes les impressions sensorielles pénètrent dans la nouvelle psyché – appelez-la conscience, si vous voulez. Mais il existe, dans l’ancien cerveau, un tout autre ensemble d’appareils sensoriels, par lesquels passent tous ces influx nerveux afférents avant d’atteindre les centres sensoriels du cortex. Les animaux qui n’ont pratiquement pas de cortex entendent, voient, etc., presque exclusivement par ces centres de la substance blanche4. Mais plus le cortex se développe, plus il monopolise complètement ces impressions sensorielles, au détriment des centres anciens, qui ne sont plus que de simples conduits vers la substance grise5. Si l’on met le cortex hors service (voir Bernheim, par exemple, sur les effets de l’hypnotisme sur les fonctions de la substance grise, ou cortex6), l’organisme redevient dépendant de ces centres anciens de la substance blanche. L’être humain redevient un « animal ». Des expériences de vivisection étendues sur le cerveau du babouin ont plus que confirmé cela, mais une telle confirmation est à peine nécessaire.
Les connaissances ainsi acquises ont mené à une découverte ultérieure, plus intéressante encore. J’avais depuis longtemps remarqué combien la plupart des formes de la folie humaine simulent remarquablement les processus mentaux normaux des animaux inférieurs. Quand on peut étudier le psychisme des animaux dans des conditions où la lutte pour la vie reste pressante, on se forme une conception très différente de celle que procurent les expériences de laboratoire : on comprend qu’un état de crainte perpétuelle est l’état mental normal de la plupart des animaux sauvages. La peur des espaces découverts et la peur des espaces clos sont expérimentalement démontrables chez la plupart des animaux – en particulier chez le babouin. La peur liée à la nourriture, un état de qui-vive ininterrompu, est toujours présente chez le babouin. Au Waterberg, il a généralement faim. Il est entouré de plantes vénéneuses et dépend de sa propre expérience individuelle pour les éviter. Il a perpétuellement peur de manger ce qu’il ne faut pas. C’était toujours intensément amusant d’observer le conflit énorme, chez les babouins, entre la crainte et la tentation, lorsque nous offrions à notre troupe sauvage une nourriture qu’ils ne connaissaient pas, par exemple des mosbolletjies7 (une sorte de petit pain). Tous les animaux sauvages, babouins compris, une fois les centres de la peur excités, considèrent avec suspicion, crainte et colère tout ce qui les entoure. Même des conditions et des objets connus suscitent ces états d’esprit méfiants dans de telles circonstances.
Le moment psychologique de grandeur qui revient régulièrement dans la vie psychique de tous les animaux est bien connu. La « parade » de l’oiseau mâle et de l’antilope mâle est connue de tout Sud-Africain. Les babouins mâles ont eux aussi ces périodes de fierté démesurée et de fanfaronnade. Sous la pression de cette période d’exaltation, un jeune mâle fera les choses les plus folles et les plus insensées, jusqu’à défier l’un des chefs.
D’autre part, nous avons découvert assez tôt dans nos recherches un moment psychologique très particulier auquel la troupe était sujette. Vers le coucher du soleil, ils devenaient profondément et sans cause déprimés. Ils se rassemblaient en groupes, prenaient des attitudes de profond abattement et poussaient à plusieurs reprises leur cri de deuil, même à des moments où tout allait bien pour eux. L’un des hommes qui m’accompagnaient déclara être sujet à la même dépression au coucher du soleil. Une enquête minutieuse révéla que dix pour cent des Européens de notre voisinage ressentaient la même « mélancolie » psychologique au coucher du soleil. Elle disparaissait à la tombée de la nuit. Dans les grandes villes, on l’éprouve bien moins souvent, car toutes les conditions tendent à la contrer. Chez les Noirs « sauvages », elle est presque universelle. Ils invoquent toutes sortes de raisons pour l’expliquer, mais en dernière analyse, nous avons constaté qu’aucun de ceux qui en souffrent ne peut dire pourquoi il se sent ainsi. Nous avons nommé ce moment la « dépression hespérienne8 ». J’ai examiné la littérature de différentes nations et j’ai constaté que ce moment était universel dans la civilisation. Il suffit de mentionner le célèbre hymne anglais « Abide with me ; fast falls the eventide9 » pour suggérer bien d’autres références ; en musique, nous voyons que […] très proche de l’hystérie humaine10). Le premier symptôme, et le plus général, de la psyché insensée, est la confusion de la pensée. Elle n’est pas invariable, mais très fréquente. Viennent ensuite les illusions sensorielles – illusions du toucher, de l’odorat, de l’ouïe et du goût. Elles sont très certainement subjectives, mais le patient ne le croit pas. Il serait vraiment étonnant qu’il reconnaisse comme subjectives des activités psychiques qu’il ne peut absolument pas reconnaître comme siennes, puisqu’il n’en a jamais fait l’expérience auparavant et que toute sa constitution mentale n’est pas adaptée à cet usage. Il reçoit en réalité des impressions sensorielles simultanément dans deux psychés distinctes. Il est tout à fait impossible de ne pas reconnaître, dans la plupart des types, ce dédoublement psychique. C’est une véritable « possession », une possession par sa propre psyché « animale » ancestrale, qui fait irruption dans sa conscience normale. Très peu d’observateurs manquent de reconnaître le changement de nature essentiellement animale qu’entraîne la folie.
Je suis convaincu que quiconque possède quelques notions sur le psychisme animal dans des conditions naturelles, et qui sait quelque chose de la folie, « sentira » immédiatement la vérité de nos conclusions, aussi révolutionnaires puissent-elles paraître, et quelque opposition qu’elles rencontrent dans nombre de théories reçues.
Notes
1. Antilope.
2. Terme emprunté à l’afrikaans (bosveld) qui désigne un type de végétation et de paysage d’Afrique australe : une savane arbustive, souvent épineuse.
3. Voir Rudolf Heidenhain, Der sogenannte thierische Magnetismus : Physiologische Beobachtungen, 1880 ; trad. angl. Hypnotism or Animal Magnetism, Physiological Observations, L.C. Wooldridge, Kegan Paul, Trench & Co, 1888.
4. Les parties profondes et anciennes du système nerveux (diencéphale, tronc cérébral) sont riches en substance blanche, mais contiennent aussi des noyaux gris anciens. Ces parties sont plutôt dédiées à la circulation de l’information.
5. Il s’agit essentiellement du cortex, de la partie la plus récente, siège de la mémoire causale. Cette partie est plutôt en charge du traitement de l’information.
6. Marais cite ici Hippolyte Bernheim (1840 – 1919) de manière plutôt libre, car pour ce dernier, l’hypnose est au contraire mise en place par l’imagination et la suggestion orale : il refuse toute localisation anatomique précise.
7. Petits pains sucrés traditionnels afrikaners, souvent préparés avec du moût de raisin (mos).
8. Le terme « dépression hespérienne » a été forgé par Eugène Marais lui-même pour désigner cet état d’abattement qui survient au crépuscule, qu’il observe chez les babouins et retrouve chez l’homme. « Hespérien » vient de Hespérus (Ἕσπερος), mot grec qui signifie « du soir » et qui désigne, par ellipse, l’étoile du soir – c’est-à-dire la planète Vénus. Marais ne publie sur ce sujet que deux fois de son vivant : une première fois en anglais dans l’article présent, puis de façon plus développée en afrikaans dans le second épisode de la série Die Siel van die Aap (ou L’Âme du singe) : Hesperiese Neerslagtigheid (1927). Le terme ne se diffuse vraiment qu’après la publication posthume de son manuscrit The Soul of the Ape en 1969 ; ce manuscrit inachevé, rédigé en anglais au début des années 1920, a fourni la matière des cinq épisodes de la série afrikaans Die Siel van die Aap (1926-1928).
9. Cet hymne est l’un des plus célèbres de la langue anglaise. Il a été écrit par le pasteur anglican écossais Henry Francis Lyte (1793 – 1847). Selon une tradition bien établie, Lyte, sévèrement atteint par la tuberculose, l’aurait écrit le soir du 4 septembre 1847, après avoir prêché un dernier sermon d’adieu à ses paroissiens. Le texte s’inspire d’un épisode de l’Évangile de Luc (24:29), où les disciples d’Emmaüs demandent à Jésus de rester avec eux « car le soir approche et le jour est déjà sur son déclin ».
10. Jean-Martin Charcot (1825 – 1893) est considéré comme le père de la neurologie clinique moderne. Il fut nommé professeur de clinique des maladies du système nerveux à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris en 1882, où il donna des leçons publiques qui attirèrent un large auditoire. À partir des années 1870, Charcot s’intéresse à l’hystérie et utilise l’hypnose comme un outil expérimental pour en reproduire les symptômes, qu’il qualifie de « névrose expérimentale ». Il soutient alors que l’hypnose n’est pas un phénomène distinct, mais une forme artificiellement induite de l’hystérie, et que les deux états partagent une même essence pathologique. Cette conception s’oppose à celle de Bernheim, qui voyait dans l’hypnose un phénomène psychologique normal fondé sur la suggestion.
Bibliographie
- Heidenhain, Rudolf
- — Hypnotism or Animal Magnetism, Physiological Observations, traduction par L.C. Wooldridge, Kegan Paul, Trench & Co, 1888.
- — Der sogenannte thierische Magnetismus : Physiologische Beobachtungen, 1880.
- Marais, Eugène
- — Baboons, Hypnosis, and Insanity dans Psyche, An Annual General and Linguistic Psychology #7.2, October 1926, p. 104 – 110.
- — Die Siel van die Aap #2 : Hesperiese Neerslagtigheid dans Die Huisgenoot, 13 mai 1927, p. 10 – 15.
- — The Soul of the Ape, 1969, Human & Rousseau.
